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Vous ronflez fort et faites des pauses ? Le matin, la fatigue est là dès le lever, alors que la nuit a été longue. Vous souffrez peut-être d’une apnée du sommeil. Avec un diabète, on est vite tenté de tout mettre sur le compte du sucre ou des kilos. Le lien entre diabète et apnée du sommeil existe bel et bien, surtout documenté dans le diabète de type 2. Il ne se résume pourtant ni à la glycémie ni au poids. Des pauses respiratoires méritent une exploration, quel que soit votre poids. Comprendre ce qui se passe la nuit aide à savoir quoi dire au médecin, quel examen attendre et ce qu’un traitement peut réellement changer.

Diabète et apnée du sommeil : quels liens avec la glycémie ?

Ce qui se passe dans la gorge pendant le sommeil

Le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil, abrégé SAHOS, correspond à une fermeture répétée du pharynx, le conduit situé à l’arrière de la gorge. Pendant le sommeil, les muscles se relâchent et le passage de l’air se rétrécit. Quand le flux d’air diminue, on parle d’hypopnée. Quand il s’interrompt pendant au moins 10 secondes, on parle d’apnée. Ce repère sert à définir l’événement lors d’un enregistrement médical : il ne s’agit pas de chronométrer la respiration d’un proche. À chaque épisode, l’oxygénation du sang baisse un moment, puis le cerveau provoque un bref réveil, appelé micro-éveil, pour rouvrir le passage. La personne ne s’en souvient pas, mais son sommeil est haché toute la nuit.

Comment ces nuits hachées peuvent peser sur l'insuline

Le diabète de type 2 et le SAHOS sont fréquemment associés. L’Inserm le rappelle, tout comme la position commune publiée en 2018 par la Société francophone du diabète (SFD) et deux sociétés savantes du sommeil et de la respiration. Plusieurs mécanismes plausibles sont décrits. Les baisses d’oxygène répétées, qu’on appelle hypoxie intermittente, activent le système nerveux sympathique, celui de l’alerte et du stress. La fragmentation du sommeil s’y ajoute. Ensemble, ces perturbations peuvent contribuer à une moindre sensibilité à l’insuline, ce qui complique l’équilibre glycémique. Notre page sur la résistance à l’insuline et ses mécanismes détaille ce qui se joue dans l’organisme.

Une association n'est pas une cause unique

Ces deux troubles partagent aussi des facteurs communs, en particulier l’excès de masse grasse et l’âge. Quand deux maladies apparaissent souvent ensemble, il faut distinguer ce qui les relie de l’extérieur et ce que l’une fait réellement à l’autre. Sur le plan individuel, une glycémie élevée isolée ne permet pas d’en désigner la cause. Une valeur haute un matin peut tenir au repas de la veille, à une infection, au stress, à un oubli de traitement ou à bien d’autres raisons. Les apnées peuvent faire partie du tableau, sans en être forcément le moteur.

Un proche a remarqué des pauses dans votre respiration la nuit ?

  • notez ce qui a été observé : ronflements, pauses, reprises bruyantes, et à quelle fréquence
  • parlez-en à votre médecin traitant ou à votre équipe du diabète, sans attendre d'avoir perdu du poids
  • ne modifiez pas votre traitement du diabète en pensant qu'une mauvaise nuit explique vos glycémies

Pourquoi le surpoids ne suffit-il pas à expliquer les apnées ?

Le poids revient souvent dans les explications, et il joue un vrai rôle. Le raccourci « surpoids donc apnées, pas de surpoids donc pas d’apnées » laisse pourtant passer beaucoup de personnes concernées.

Graisse du cou et graisse abdominale : deux choses différentes

Selon l’Assurance Maladie, l’excès de poids favorise les apnées parce que des dépôts graisseux autour du pharynx réduisent le calibre du conduit et facilitent sa fermeture. Cette graisse n’est pas la même que la graisse abdominale, plus souvent mise en cause dans l’insulinorésistance. Les deux peuvent coexister chez une même personne, ce qui explique en partie pourquoi diabète de type 2 et apnées se croisent si souvent. Elles n’agissent pas pour autant de la même façon : l’une rétrécit un passage, l’autre modifie la façon dont les cellules répondent à l’insuline.

Les autres facteurs qui comptent

L’Assurance Maladie et l’Inserm citent d’autres facteurs, indépendants du poids. La forme des mâchoires, une mâchoire inférieure en retrait ou des voies aériennes étroites rendent le pharynx plus fragile. L’âge relâche les tissus. Chez les femmes, la ménopause modifie le risque, et les signes sont parfois moins typiques, avec davantage de fatigue que de ronflements spectaculaires. Certaines habitudes s’ajoutent : l’alcool le soir et certains médicaments sédatifs relâchent les muscles de la gorge. Le tabac fait aussi partie des habitudes à revoir.

Quand la respiration hachée perturbe l’équilibre. Pharynx fermé → oxygénation en baisse → sommeil fragmenté : une contribution possible à la moindre sensibilité à l’insuline

Une personne mince peut être concernée

Prenons une situation-type, imaginée pour l’exemple : une femme de soixante ans, diabétique de type 2, sans surpoids. Son conjoint remarque depuis des mois des pauses suivies de reprises bruyantes. Elle-même se plaint surtout de maux de tête au réveil. Son indice de masse corporelle, ou IMC, est normal, et personne n’a pensé aux apnées. Dans ce cas, l’IMC seul ne permet de rien conclure. La position de 2018 recommande d’ailleurs de rechercher les signes cliniques chez toute personne vivant avec un diabète de type 2, et pas seulement chez les hommes en situation d’obésité.

Diabète de type 1 et de type 2 : des preuves différentes

Des apnées existent aussi chez les personnes vivant avec un diabète de type 1, y compris sans obésité. Dans la position française de 2018, les données sur le type 1 reposaient surtout sur des études de fréquence, sans démonstration qu’un traitement des apnées améliore la glycémie. Ce qui vaut pour le type 2 ne se transpose donc pas tel quel au type 1. Les deux maladies n’ont pas les mêmes mécanismes, comme le rappelle notre page sur la différence entre diabète de type 1 et de type 2. Avec un type 1, les signes nocturnes méritent la même attention.

Diabète et apnée du sommeil : un homme dort avec un masque relié à un appareil de pression positive.

Quels signes doivent alerter et quand consulter ?

Les apnées se repèrent rarement soi-même, puisqu’on dort pendant les épisodes. Les indices viennent souvent de l’entourage et de la journée.

Ce que l'entourage remarque la nuit

Les signes nocturnes les plus parlants sont des ronflements forts et réguliers, des pauses respiratoires vues par le conjoint, puis une reprise bruyante, comme un sursaut. Se lever plusieurs fois pour uriner, ce qu’on appelle la nycturie, peut aussi orienter. Avec un diabète, ce signe demande de la prudence, car une glycémie élevée fait aussi uriner davantage. Aucun de ces signes ne suffit à poser le diagnostic. À l’inverse, l’absence de ronflements rapportés ne rassure pas complètement, surtout quand on dort seul et que personne n’a pu observer la nuit.

Fatigue ou envie irrépressible de dormir ?

Dans la journée, deux sensations se ressemblent sans être identiques. La fatigue, c’est le manque d’énergie, l’impression de tourner au ralenti. La somnolence, c’est l’envie irrépressible de dormir, au point de s’assoupir devant la télévision, en réunion ou au volant. Les apnées donnent surtout de la somnolence, avec des maux de tête matinaux et parfois des troubles de la concentration. La fatigue après les repas a souvent d’autres explications, détaillées dans notre guide sur la fatigue après les repas quand on est diabétique. Si le sommeil vous gagne en conduisant, arrêtez-vous en sécurité et faites-vous relayer. Une pause ne suffit pas à décider de reprendre le volant : en cas de somnolence anormale, demandez à votre médecin dans quelles conditions vous pourrez conduire à nouveau.

Quand prendre rendez-vous

Des pauses observées par un proche, ou des ronflements associés à une somnolence ou à une fatigue qui dure, justifient un rendez-vous avec votre médecin traitant ou votre équipe du diabète. Ce n’est pas une urgence, mais un point à ne pas laisser traîner. Votre suivi glycémique habituel continue en parallèle. Un malaise ne doit pas être mis d’office sur le compte d’une mauvaise nuit : une hypoglycémie, notamment sous insuline ou sous certains comprimés, se gère selon le protocole remis par votre médecin, jamais en ajustant seul vos doses.

Quand ce n'est plus une question de sommeil

Un réveil avec une vraie difficulté à respirer relève d’un autre parcours. Selon l’Assurance Maladie, certains signes associés à un essoufflement imposent d’appeler le 15 ou le 112 sans attendre : du mal à parler ou à finir ses phrases, des lèvres bleutées, une confusion ou un malaise, une douleur dans la poitrine. Un essoufflement récent sans ces signes de détresse demande un avis médical dans la journée. Ces situations ne s’étiquettent pas « simple apnée » et ne se règlent ni par une mesure de glycémie ni en attendant un bilan du sommeil. Notre article sur la dyspnée paroxystique nocturne décrit ce type de réveil brutal et essoufflé.

Trois niveaux pour savoir quoi faire :

  • ronflements forts, pauses observées, somnolence dans la journée : rendez-vous avec votre médecin traitant ou votre équipe du diabète
  • essoufflement récent sans signe de détresse : avis médical dans la journée
  • difficulté à parler, lèvres bleutées, douleur dans la poitrine, confusion ou malaise avec essoufflement : appelez le 15 ou le 112
  • envie de dormir au volant : arrêtez-vous en sécurité et faites-vous relayer ; en cas de somnolence anormale, demandez à votre médecin quand vous pourrez reprendre la conduite

Comment confirmer des apnées quand on vit avec un diabète ?

Seul un enregistrement du sommeil confirme des apnées. Le parcours commence pourtant bien avant, par une simple conversation avec le médecin qui vous suit.

Tout commence par l'entretien

Votre médecin traitant ou votre diabétologue vous interroge sur vos nuits, votre somnolence et vos maux de tête au réveil. Le témoignage de l’entourage compte beaucoup : un conjoint qui a noté ce qu’il a vu apporte des informations que vous ne pouvez pas donner. Le médecin passe aussi en revue vos traitements, vos antécédents et votre tension artérielle. La position de 2018 décrit des situations où l’exploration se discute plus volontiers : hypertension difficile à contrôler, complications des reins ou de la rétine qui progressent, forte insulinorésistance, conduite professionnelle. Rechercher les signes chez toute personne diabétique de type 2 ne veut pas dire enregistrer le sommeil de tout le monde : la décision reste individuelle.

Polygraphie ou polysomnographie

Quand des apnées sont suspectées, le médecin oriente vers un examen du sommeil. La polygraphie respiratoire enregistre les paramètres de la respiration : débit d’air, mouvements du thorax, oxygénation du sang. La polysomnographie est plus complète : elle mesure aussi le sommeil lui-même, ce qui permet de repérer les micro-éveils et de distinguer les apnées obstructives des apnées dites centrales, liées à une commande respiratoire défaillante. L’équipe choisit l’examen selon votre situation. Tout ne se passe pas forcément à l’hôpital : selon les cas, l’enregistrement se fait à domicile ou dans un centre spécialisé.

Ce que veut dire l'IAH

Le compte rendu mentionne souvent l’indice d’apnées-hypopnées, ou IAH. Il correspond au nombre moyen d’apnées et d’hypopnées par heure. Plus il est élevé, plus les épisodes sont nombreux. Les seuils de classement varient légèrement d’une source à l’autre, et ce chiffre ne décide pas seul de la suite. Le médecin le lit avec vos symptômes, votre somnolence, votre état cardiovasculaire et vos autres maladies. Deux personnes avec le même IAH peuvent donc recevoir des propositions différentes.

Questionnaires, montres et oxymètres

Des questionnaires circulent en ligne. Le plus connu, l’échelle d’Epworth, mesure la somnolence ressentie dans des situations du quotidien. La position de 2018 précise qu’il ne peut pas servir seul au dépistage : un score bas n’exclut pas des apnées, un score élevé ne les prouve pas. La même prudence vaut pour les montres connectées et les petits oxymètres qui mesurent l’oxygène au doigt. La mesure isolée de l’oxygénation n’était pas recommandée comme stratégie de dépistage dans ce texte. Ces outils peuvent vous pousser à en parler, sans remplacer l’examen. À l’inverse, ne pas se sentir somnolent n’empêche pas le médecin de proposer un enregistrement dans certains profils.

Que peut apporter la PPC au sommeil et à la glycémie ?

Comment fonctionne la PPC

La PPC, pour pression positive continue, est souvent proposée quand les apnées le justifient. Un petit appareil envoie de l’air, par un tuyau et un masque, à une pression qui maintient la gorge ouverte pendant la nuit. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas de l’oxygène qu’on vous administre : c’est l’air de la pièce, sous pression, qui sert d’attelle au pharynx. Le masque peut couvrir le nez seul, le nez et la bouche, ou se limiter à de petits embouts placés à l’entrée des narines. Le choix se fait avec le prescripteur et le prestataire qui fournit le matériel.

Les bénéfices attendus

Le bénéfice le mieux documenté porte sur le sommeil et la vigilance. La position française de 2018 décrit surtout un soulagement des symptômes et une meilleure qualité de vie : moins de somnolence, des nuits moins hachées, souvent moins de maux de tête au réveil. Ces gains comptent, y compris pour la sécurité au volant et pour l’énergie disponible au quotidien. L’Assurance Maladie insiste sur un point : l’effet dépend d’une utilisation régulière, nuit après nuit.

Et la glycémie ?

C’est la question que beaucoup de personnes diabétiques se posent. En 2018, la position de la SFD et des sociétés du sommeil ne retrouvait pas de bénéfice fiable sur l’hémoglobine glyquée, ou HbA1c, dans les essais alors disponibles. Le bénéfice attendu porte d’abord sur les apnées, le sommeil et la vigilance. Une amélioration de votre glycémie n’est pas garantie, et la PPC ne remplace pas votre traitement du diabète. Votre suivi continue comme prévu, avec les repères expliqués dans notre page sur l’hémoglobine glyquée et sa mesure.

Confort du masque et autres options

Les premières semaines demandent parfois des ajustements. Irritation de la peau au contact du masque, nez ou bouche secs, rhinite, gêne digestive : ces désagréments sont connus. Ils se règlent souvent en changeant de masque ou en adaptant l’équipement, ce que fait le prestataire en lien avec le prescripteur. Ne modifiez jamais vous-même les réglages de pression. D’autres solutions existent selon le bilan. L’orthèse d’avancée mandibulaire, une gouttière qui avance la mâchoire inférieure, se discute selon l’examen et l’état des dents, avec une surveillance. La chirurgie reste réservée à des cas sélectionnés. Une gouttière achetée en ligne ne remplace pas ce bilan.

Apnées du sommeil, diabète et nutrition

L’Alliance Apnées du Sommeil présente les liens entre apnées du sommeil, diabète et nutrition, en expliquant comment ces facteurs peuvent s’influencer. Un éclairage pédagogique utile pour mieux comprendre les enjeux du sommeil et de l’équilibre glycémique, sans promesse de guérison.

Comment agir sur le poids et les habitudes sans remplacer le traitement ?

Les habitudes de vie ont leur place dans la prise en charge des apnées. Elles complètent les traitements, sans prendre leur place.

Le poids, quand c'est indiqué

En cas de surpoids ou d’obésité, l’Assurance Maladie indique qu’une perte de poids accompagnée peut améliorer la sévérité des apnées, en libérant en partie le passage au niveau du pharynx. Le mot important est « accompagnée » : votre médecin, un diététicien ou votre équipe du diabète peuvent construire un projet qui tient compte de vos traitements, de vos goûts et de vos contraintes. Aucun nombre de kilos ne garantit la disparition des apnées, et ce conseil ne concerne pas les personnes sans surpoids. Attendre d’avoir maigri pour consulter ou commencer un traitement fait perdre du temps : les deux démarches avancent ensemble.

Bouger selon vos possibilités

L’activité physique aide à la fois l’équilibre du diabète et le poids. Elle s’adapte à votre état de santé, à vos traitements et à votre forme du moment. Sous insuline ou sous certains comprimés, un effort peut faire baisser la glycémie : votre équipe soignante vous indique comment vous organiser. Marcher régulièrement compte déjà. Pour trouver un rythme réaliste, notre article sur le diabète et l’activité physique donne des repères pratiques.

L'alcool du soir, le tabac et les médicaments sédatifs

Certaines habitudes aggravent les apnées en relâchant les muscles de la gorge. Réduire l’alcool le soir fait partie des mesures proposées. L’arrêt du tabac est recommandé, et des aides existent : en parler à votre médecin ou à votre pharmacien vaut mieux qu’un effort solitaire. Les somnifères et autres médicaments sédatifs méritent une revue avec votre médecin, sans arrêt de votre propre initiative. Des horaires de coucher réguliers aident aussi, tout comme dormir sur le côté dans certains cas, selon l’avis du spécialiste. Les règles d’hygiène du sommeil, détaillées dans notre guide pour mieux dormir quand le sommeil ne vient pas, accompagnent le traitement d’une obstruction sans le remplacer.

Quand la fatigue rend tout plus difficile

Changer ses habitudes quand on dort mal relève parfois du défi. La somnolence enlève l’envie de bouger, et l’inconfort du masque décourage les premières nuits. Ces obstacles sont réels et ne traduisent pas un manque de volonté. Les signaler à vos soignants permet de chercher des solutions : un autre masque, un accompagnement diététique, une reprise d’activité progressive. Quand les nuits s’améliorent avec le traitement, l’énergie retrouvée peut rendre les autres changements plus accessibles.

Sous PPC, à qui s'adresser ?

  • masque inconfortable, peau irritée, nez ou bouche secs : le prestataire et le médecin prescripteur, avant d'abandonner
  • perte de poids importante : demandez une réévaluation, n'arrêtez pas l'appareil de vous-même
  • glycémies inhabituelles : suivez le protocole prévu pour votre diabète et contactez votre équipe soignante, sans toucher aux réglages de la PPC ni à vos doses

Ce que la perte de poids ne permet pas

Après une perte de poids, les symptômes peuvent s’atténuer. Ce mieux-être ne suffit pas à décider d’arrêter le masque. Seule une réévaluation médicale, parfois avec un nouvel enregistrement, permet de savoir si les apnées ont réellement diminué. De la même façon, une glycémie meilleure ne justifie pas d’abandonner la PPC, et une PPC bien utilisée ne justifie pas d’alléger un antidiabétique sans avis médical.

Deux suivis, un même parcours : la PPC agit sur le sommeil ; le suivi du diabète garde ses propres objectifs.

Quelles questions poser à votre médecin pour coordonner le suivi ?

Apnées et diabète sont souvent suivis par des soignants différents : médecin traitant, diabétologue, spécialiste du sommeil, prestataire. Préparer la consultation évite que les informations se perdent entre eux et vous permet de repartir avec des réponses claires.

Ce qu'il est utile d'apporter

Notez en quelques lignes ce que votre entourage observe la nuit et comment vous vous sentez dans la journée. Prenez les relevés de glycémie déjà prévus dans votre suivi, sans ajouter de mesures nocturnes de votre propre initiative. La liste complète de vos traitements, somnifères et médicaments sans ordonnance compris, aide le médecin. Si un examen du sommeil a déjà eu lieu, apportez le compte rendu. Sous PPC, les données d’utilisation de l’appareil et vos remarques sur le confort du masque sont précieuses. La tension artérielle fait aussi partie du tableau : notre article sur le diabète et l’hypertension explique pourquoi les deux se surveillent ensemble.

Quelques questions pour repartir avec un plan clair :

  • un examen du sommeil est-il indiqué dans ma situation, et lequel ?
  • qui coordonne le suivi entre le sommeil et le diabète ?
  • que signifient les résultats de mon enregistrement ?
  • que faire si le masque reste inconfortable ?
  • faudra-t-il réévaluer les apnées si mon poids change ?
  • que faire si ma glycémie ne s'améliore pas sous PPC ?

Deux suivis qui avancent ensemble

Le suivi du sommeil s’occupe des symptômes, de l’usage du traitement et de son confort, avec des réévaluations auprès du spécialiste. Le suivi du diabète garde ses propres repères : mesures prévues, objectifs fixés pour vous, traitement décidé avec votre médecin. Les fréquences de visite et les objectifs restent individualisés. Demandez que les comptes rendus circulent entre vos soignants : chacun ajuste mieux sa partie quand il connaît l’autre.

Conclusion

Le lien entre diabète et apnée du sommeil est réel, surtout documenté dans le diabète de type 2, sans désigner pour autant un coupable unique. Le surpoids favorise les apnées sans en être la condition : une personne mince peut être concernée, et seul un enregistrement du sommeil confirme le diagnostic.

Les traitements se complètent. La PPC ou une autre solution agit sur les apnées, le sommeil et la vigilance, tandis que le traitement du diabète garde toute sa place. Une seule démarche pour commencer : si vous ou un proche avez remarqué des pauses, des ronflements forts ou une somnolence inhabituelle, prenez rendez-vous pour partager ces observations avec votre équipe soignante.

Sources

  • Assurance Maladie, Comprendre l'apnée du sommeil, ameli.fr
  • Société francophone du diabète, SFRMS et SPLF, Syndrome d'apnées obstructives du sommeil et diabète, position 2018, sfdiabete.org
  • Inserm, Apnée du sommeil, inserm.fr
  • Assurance Maladie, Traitement de l'apnée du sommeil, ameli.fr
  • Assurance Maladie, Essoufflement brutal : que faire ?, ameli.fr

Les informations de cet article sont données à titre général : elles ne se substituent pas à l’avis de votre médecin ou de votre équipe soignante.

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Diabète et apnée du sommeil : questions fréquentes

Peut-on avoir des apnées du sommeil sans surpoids ?

Oui. La forme des mâchoires, l’âge, la ménopause ou l’alcool le soir interviennent aussi. Un poids normal n’exclut pas des apnées : les signes nocturnes méritent d’être signalés quelle que soit votre silhouette.

Le diabète de type 1 est-il aussi concerné ?

Oui, des apnées existent aussi dans le diabète de type 1, y compris sans obésité. En 2018, les données reposaient surtout sur des études de fréquence : les résultats du type 2 ne s’appliquent pas automatiquement.

Ronfler signifie-t-il forcément avoir des apnées ?

Non. Le ronflement peut exister sans apnées. Associé à des pauses observées ou à une somnolence, il oriente vers une consultation, mais seul un examen du sommeil confirme le diagnostic.

Une glycémie élevée au réveil prouve-t-elle des apnées ?

Non. Une valeur isolée a de nombreuses causes possibles. Parlez-en à votre médecin dans le cadre de votre suivi habituel, sans en tirer de conclusion sur votre sommeil ni modifier votre traitement.

Une montre connectée suffit-elle à poser le diagnostic ?

Non. Une montre ou un oxymètre peut vous inciter à consulter, mais ne remplace pas l’enregistrement médical, polygraphie ou polysomnographie, choisi par l’équipe selon votre situation.

Le masque de PPC fait-il baisser l'HbA1c ?

Aucune baisse n’est garantie. La PPC agit d’abord sur les apnées, le sommeil et la vigilance. Elle ne remplace pas votre traitement du diabète, qui se poursuit avec votre médecin.

Peut-on arrêter la PPC après une perte de poids ?

Pas de vous-même. Une perte de poids peut réduire les apnées, mais une réévaluation médicale est nécessaire pour savoir si le traitement peut être modifié ou arrêté.

Qui consulter si un proche remarque des pauses respiratoires ?

Votre médecin traitant ou votre équipe du diabète, qui vous orientera vers un spécialiste du sommeil si besoin. En cas de difficulté à parler, de lèvres bleutées ou de douleur thoracique, appelez le 15 ou le 112.