Le Nutri-Score est un système d’étiquetage nutritionnel qui classe les aliments de A à E pour aider les consommateurs à choisir des produits plus sains. Découvrez dans notre article, ce qu’est vraiment le nutri-score et comment choisir ses produits.
Pour bien comprendre ce que signifie la lettre en relief affichée sur un produit, il faut regarder un peu plus en détail la manière dont le Nutri-Score est calculé.
Nutri-score c’est quoi ?
C’est un petit logo coloré sur les emballages, avec des lettres qui vont de A à E. Le Nutri-Score, c’est son nom, est devenu un repère visuel assez présent dans nos rayons depuis quelques années. Mais au-delà de son apparence simple, qu’est-ce qu’il représente vraiment ?
C’est un système d’étiquetage nutritionnel frontal. Concrètement, ça veut dire qu’il s’affiche directement sur la face avant des produits alimentaires, histoire qu’on ne passe pas à côté. Son objectif ? Donner aux consommateurs une information rapide sur la qualité nutritionnelle de ce qu’ils s’apprêtent à acheter. Un coup d’œil suffit, en théorie, pour savoir si un produit penche plutôt du bon côté ou s’il vaut mieux le consommer occasionnellement.
Système développé en France
Ce système a été développé en France, notamment grâce aux travaux de l’EREN (Équipe de Recherche en Épidémiologie Nutritionnelle). L’idée de départ était assez logique : face à la complexité des tableaux nutritionnels au dos des paquets, le consommateur moyen se retrouve vite perdu. Sodium, glucides, lipides saturés… difficile de faire un choix éclairé en deux secondes entre deux boîtes de céréales. Le Nutri-Score simplifie tout ça en attribuant une lettre et une couleur, de A (vert foncé) pour les aliments de meilleure qualité nutritionnelle jusqu’à E (rouge) pour ceux dont il faut limiter la consommation.
Dans la pratique, on remarque souvent que les gens comparent surtout des produits d’une même catégorie : deux pizzas surgelées, deux yaourts aux fruits, deux marques de biscuits. Et là, le système prend tout son sens. Il ne s’agit pas de diaboliser tel ou tel aliment, mais de permettre une comparaison rapide et visuelle.
Les fondements scientifiques du Nutri-Score
Logo nutri-score : Une recherche sérieusement étudiée
Derrière ce logo coloré, il y a quand même pas mal de recherche scientifique. Le Nutri-Score ne sort pas de nulle part : il repose sur des années d’études épidémiologiques menées par l’Inserm, l’Inrae et l’Université Sorbonne Paris Nord. Ces institutions ont cherché à établir des liens entre composition nutritionnelle des aliments et risques pour la santé.
L’algorithme qui calcule le score prend en compte deux types de nutriments.
1-D’un côté, ceux qu’on devrait limiter :
- l’énergie (les calories)
- les sucres
- les graisses saturées et le sel.
2-De l’autre, ceux qui sont plutôt bénéfiques :
- les fibres
- les protéines
- la proportion de fruits, légumes et légumineuses
Le système repose sur un algorithme qui attribue des points en fonction de la composition nutritionnelle d’un aliment pour 100 grammes ou 100 millilitres, ce qui permet de comparer des portions différentes sans fausser la donne.
Résultats selon ce que les consommateurs choisissent
Les chercheurs ont validé ce système à travers plusieurs études montrant que les personnes qui consomment régulièrement des aliments mieux notés ont tendance à avoir une alimentation globalement plus équilibrée. Bon, évidemment, le Nutri-Score n’est pas un remède miracle ni une garantie absolue, mais il semble que ça aide vraiment à orienter les choix.
Comment le nutri-score est-il calculé ?
Dans un premier temps, le produit reçoit des points dits « négatifs ». Ceux-ci correspondent aux éléments dont la consommation excessive est associée à des risques pour la santé : les calories, les sucres simples, les acides gras saturés et le sel. Plus un aliment en contient, plus son score augmente dans cette catégorie.
Ensuite, le calcul prend aussi en compte des points « positifs ». Ceux-ci récompensent la présence de nutriments ou d’ingrédients considérés comme favorables à une alimentation équilibrée. On retrouve notamment les fibres, les protéines, ainsi que la proportion de fruits, légumes, légumineuses et certains fruits à coque dans la composition du produit.
Le score final est obtenu en soustrayant les points positifs aux points négatifs. Le résultat donne une valeur qui est ensuite convertie en lettre, allant de A à E. Un score faible (ici A ou B) correspond donc à une meilleure qualité nutritionnelle, tandis qu’un score plus élevé (par exemple E) entraîne une classification moins favorable.
Nutriscore obligatoire : Un résumé visuel
Ce système peut paraître technique, mais son objectif reste simple : transformer des données nutritionnelles complexes en une information rapide à comprendre. Pour la plupart des consommateurs, il serait difficile de comparer directement les quantités de nutriments indiquées dans les tableaux au dos des emballages. Le Nutri-Score agit donc comme une sorte de résumé visuel.

Nutri-Score signification et effets sur le choix des consommateurs
Depuis sa mise en place, plusieurs études se sont intéressées à l’impact réel du Nutri-Score sur les habitudes d’achat. Les résultats montrent généralement que la présence du logo influence les décisions, surtout lorsqu’il s’agit de comparer des produits similaires.
Nutriscore A, B, C, D, E : Lettres et codes couleurs
Pourquoi un étiquetage à cinq niveaux ? La question mérite d’être posée : pourquoi cinq lettres ? Pourquoi pas trois, ou dix ? En réalité, ce choix repose sur un équilibre entre simplicité et précision. Trois niveaux auraient été trop grossiers, avec différents produits regroupés ensemble. Dix niveaux auraient compliqué la lecture et brouillé le message.
Cinq catégories, c’est un compromis qui permet de nuancer sans noyer l’information. Et puis, il y a le code couleur : du vert au rouge, tout le monde comprend instinctivement. C’est universel, ça parle même aux enfants. Un adulte pressé devant un rayon peut faire un choix en quelques secondes, sans avoir besoin de lire les petites lignes.
Comparaison facile entre des catégories de produits identiques
Un autre avantage de ce système à cinq niveaux, c’est qu’il facilite les comparaisons au sein d’une même catégorie de produits.
- Prenons les céréales pour petit-déjeuner : certaines affichent un A ou un B grâce à leur teneur en fibres et leur faible quantité de sucre, tandis que d’autres échouent avec un D ou un E à cause de sucres ajoutés en pagaille. Pour le consommateur qui hésite entre deux boîtes, c’est un indicateur immédiat.
- Face à deux aliments proches, par exemple, deux plats préparés ou deux paquets de biscuits, les consommateurs ont tendance à privilégier celui qui affiche la meilleure lettre. Ce phénomène est particulièrement marqué chez les personnes qui souhaitent améliorer leur alimentation, mais qui ne disposent pas forcément de connaissances nutritionnelles approfondies.
Dans les faits, plusieurs pays européens ont adopté ce système : la Belgique, l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore la Suisse. Ça montre que le Nutri-Score dépasse les frontières et qu’il répond à un vrai besoin d’information nutritionnelle claire et accessible à tous.

Les limites et débats autour du nutri-score
Le Nutri-Score ne fait pas l’unanimité
Malgré ses avantages, le Nutri-Score ne fait pas l’unanimité. Certains nutritionnistes et producteurs estiment que le système simplifie parfois trop la réalité nutritionnelle des aliments.
En effet, un produit peut recevoir une mauvaise note tout en étant consommé traditionnellement dans le cadre d’une alimentation équilibrée.
C’est notamment le cas de certains fromages, huiles ou produits artisanaux qui sont naturellement riches en matières grasses ou en sel. Leur classement peut donner l’impression qu’ils sont « mauvais », alors que leur consommation modérée peut parfaitement s’intégrer dans un régime varié.
Nutriscore France
D’autres critiques portent sur le fait que le calcul se base sur 100 grammes de produit, ce qui ne correspond pas toujours aux portions réellement consommées. Certains aliments très concentrés, comme les condiments ou les sauces, peuvent ainsi sembler moins favorables que leur usage réel ne le suggère.
Pour répondre à ces remarques, les scientifiques et les autorités de santé continuent d’ajuster l’algorithme et d’améliorer le système. L’objectif reste de trouver un équilibre entre précision scientifique et lisibilité pour le grand public.
Le Nutri-Score joue aussi un rôle pédagogique. À force de voir apparaître certaines lettres sur différents produits, les consommateurs commencent à identifier intuitivement les aliments plus riches en sucres, en sel ou en graisses saturées. Cela peut contribuer, sur le long terme, à une meilleure compréhension des équilibres alimentaires.
Fabricants en première ligne dans le Nutri-score
Par ailleurs, ce système ne concerne pas uniquement les consommateurs. Les fabricants eux-mêmes sont parfois incités à modifier leurs recettes afin d’obtenir une meilleure note. Réduire la quantité de sucre, diminuer le sel ou augmenter la proportion de fibres peut permettre à un produit de passer d’un D à un C, voire à un B. Ce phénomène de reformulation a déjà été observé dans plusieurs secteurs de l’industrie alimentaire.
Nutri-score : Conclusion
En résumé, le Nutri-Score n’a jamais été conçu pour remplacer les recommandations nutritionnelles globales. Il s’agit plutôt d’un outil d’aide à la décision, un repère simple qui permet de mieux s’orienter dans la diversité des produits disponibles en supermarché. Utilisé avec un minimum de recul et de bon sens, il peut contribuer à faciliter des choix alimentaires plus éclairés au quotidien.
