Votre médecin vous a prescrit des bas de contention de classe 2, ou vous préparez un long trajet en avion et vous vous demandez s’il faut en porter. Une question revient : combien de temps les garder chaque jour ? La réponse surprend parfois. Pour des jambes lourdes ou une insuffisance veineuse, on les enfile le matin peu après le lever et on les retire au moment du coucher. Il n’existe pas de nombre d’heures valable pour tous. Certaines situations médicales justifient un rythme différent, toujours fixé par une prescription. Lorsqu’on vit avec un diabète, quelques vérifications s’ajoutent : la circulation dans les artères, la sensibilité des pieds et l’état de la peau.
Ce guide explique ce que signifie la classe 2, comment organiser le port au quotidien et en voyage, et quels signes ne doivent jamais attendre.
Sommaire
À quoi servent les bas de contention ?
Que signifie la classe 2 et comment choisir la bonne compression ?
Combien de temps faut-il les porter chaque jour ?
Faut-il porter des bas de contention en avion ?
Comment les enfiler et vérifier qu’ils sont bien ajustés ?
Quelles précautions prendre en cas de diabète ou de maladie des artères ?
À quoi servent les bas de contention ?
Aider le sang à remonter vers le cœur
Le sang des jambes doit remonter vers le cœur en luttant contre la pesanteur. Les veines possèdent de petites valvules qui l’empêchent de redescendre, et les muscles du mollet servent de pompe : à chaque pas, ils compriment les veines et poussent le sang vers le haut. Quand vous restez longtemps debout ou assis sans bouger, cette pompe tourne au ralenti. Le sang stagne alors davantage dans le bas des jambes, d’où la sensation de lourdeur ou les chevilles gonflées en fin de journée.
Le bas exerce une pression extérieure plus forte à la cheville, qui diminue progressivement en remontant vers le mollet et la cuisse. Associée au mouvement, cette pression aide le sang veineux à remonter. Les soignants parlent de compression médicale ; « contention » reste le mot employé au quotidien, et les deux désignent ici le même dispositif.
Ce qu'un bas ne fait pas
Dans l’insuffisance veineuse, le bas de contention aide le sang à remonter vers le cœur. Un gonflement des jambes peut venir du cœur, des reins, d’un médicament ou d’une inflammation : seul un médecin peut en chercher l’origine. Le bas ne supprime pas non plus le risque de caillot. Le dispositif existe sous plusieurs formes, chaussettes arrêtées sous le genou, bas montant à la cuisse ou collants, choisies selon la zone à couvrir et l’indication.
Que signifie la classe 2 et comment choisir la bonne compression ?
La classe indique une pression, pas une taille
Sur une ordonnance, la classe décrit la force de la compression exercée sur la jambe. Elle ne dit rien de la taille du bas, ni de sa qualité, ni de sa forme. Une classe 2 n’est donc pas « meilleure » qu’une classe 1 : elle est plus serrante, pour une indication précise. Deux personnes peuvent porter une classe 2 avec des tailles et des modèles complètement différents, et une même personne peut changer de taille sans changer de classe.
Que représentent 15,1 à 20 mmHg ?
Dans la classification française, la classe 2 correspond à une pression de 15,1 à 20 mmHg mesurée à la cheville. Le mmHg, ou millimètre de mercure, est l’unité qui sert aussi à exprimer la tension artérielle. La ressemblance s’arrête là : la pression du bas n’a rien à voir avec vos chiffres de tension. Elle décrit seulement la force avec laquelle le tissu presse la jambe au niveau de la cheville.
Comment lire une ordonnance de compression
Ces trois éléments sont indépendants : changer l'un ne change pas les deux autres.
- Classe : la pression exercée. Classe 2 en France = 15,1 à 20 mmHg à la cheville
- Taille : elle découle des mesures de vos jambes, prises le matin
- Forme : chaussette, bas ou collant, selon la zone à couvrir
Qui choisit la compression ?
La classe et le modèle figurent sur la prescription du médecin. Le pharmacien prend ensuite les mesures de vos jambes, au minimum le tour de cheville, idéalement le matin avant que les jambes ne gonflent. La pointure seule ne suffit pas à choisir un bas de compression : deux personnes qui chaussent du 39 peuvent avoir des chevilles et des mollets très différents. Une paire mal ajustée serre trop à un endroit et pas assez à un autre.
Méfiez-vous des équivalences approximatives
Les produits vendus à l’étranger ou en magasin de sport suivent parfois d’autres échelles de pression. Une « classe 2 » étrangère ne correspond pas forcément à la classe 2 française, et le numéro seul ne permet aucune conversion. Les chaussettes de récupération pour sportifs ne sont pas non plus des dispositifs prescrits. En cas de doute, montrez la paire à votre pharmacien : il vérifie qu’elle correspond bien à ce qui est inscrit sur l’ordonnance.
Combien de temps faut-il les porter chaque jour ?
Le repère habituel : du lever au coucher
Pour une insuffisance veineuse ou des jambes lourdes, le VIDAL décrit un rythme simple : enfiler les bas le matin, dans l’heure qui suit le lever, et les retirer juste avant de vous coucher. La logique tient au mécanisme. Au réveil, après une nuit allongée, les jambes ne sont pas encore gonflées. Le bas les accompagne ensuite pendant toute la période où vous êtes debout ou assis, c’est-à-dire quand le sang a le plus de mal à remonter.
Un nombre d'heures n'a pas de sens isolé
Pour l’insuffisance veineuse, le VIDAL donne un repère du matin au coucher, plutôt qu’un quota identique de huit, dix ou douze heures pour tous. Une personne qui se lève à 6 heures et se couche à 23 heures porte ses bas plus longtemps qu’une autre qui se lève tard, et les deux suivent pourtant la même consigne. Ce qui compte, c’est de couvrir la journée active. Si votre prescription indique un autre rythme, c’est elle qui s’applique, pas un repère trouvé ailleurs.
À quoi ressemble une journée type ?
Prenons une personne qui travaille assise dans un bureau. Elle enfile ses bas après sa toilette, une fois la peau bien sèche, avant le petit déjeuner. Elle les garde au travail, pendant les trajets et les courses. Le soir, elle les retire au moment de se préparer pour la nuit, puis applique éventuellement sa crème hydratante. Ce rythme est plus simple à tenir quand la pose fait partie de la routine, au même moment chaque matin.
Quand le port continue la nuit
Certaines situations médicales relèvent d’une autre logique. La HAS, dans une fiche de décembre 2010 consacrée à la prévention de la thrombose, distingue par exemple le port continu prescrit à un patient alité de l’usage habituel en journée. Dans ce cas, c’est l’équipe soignante qui fixe le rythme. Sans consigne explicite de port la nuit, les bas se retirent au coucher.
Trois durées à ne pas confondre
Le nombre d’heures par jour, la durée totale du traitement et la durée de vie de la paire sont trois questions distinctes. La première dépend de votre journée, la deuxième de votre indication, la troisième de l’usure du textile. Seul votre médecin peut vous dire combien de semaines ou de mois poursuivre le port.
Faut-il porter des bas de contention en avion ?
Pourquoi le vol pèse sur les veines
En avion, vous restez assis longtemps, jambes pliées, avec peu de place pour bouger. La pompe du mollet travaille alors très peu. L’Assurance Maladie rappelle que l’immobilité prolongée favorise les troubles veineux, et qu’une personne ayant des antécédents veineux (phlébite, varices importantes, chirurgie récente) a intérêt à consulter avant le départ. Le voyage en lui-même ne crée pas une indication pour tout le monde, mais il ajoute une contrainte.
Une compression si elle est prescrite
Aucune règle n’impose une classe 2 à tous les voyageurs, et aucune ne dispense automatiquement d’un port sur un vol court. La compression se porte en voyage lorsqu’elle a été prescrite, avec la classe et le modèle décidés par le médecin. Si vous portez déjà des bas au quotidien, demandez si le rythme change pour le trajet, notamment avec des correspondances ou une arrivée tardive.
Avant un vol, à préparer quelques jours à l'avance
- Signaler à votre médecin vos antécédents veineux et la durée du trajet
- Avoir l'ordonnance et la paire correspondant au modèle prescrit
- Faire un essai de pose chez vous, ou une démonstration en pharmacie
- Demander quel rythme garder pendant le trajet et les correspondances
- Prévoir une place qui vous permette de vous lever si possible
Bouger pendant le vol
Le bas ne remplace pas le mouvement. Le VIDAL conseille de marcher toutes les deux heures au moins, de bouger régulièrement les pieds et les chevilles, et de boire régulièrement. Ces conseils s’adaptent aux consignes de sécurité à bord, à vos capacités et, le cas échéant, à une restriction de boissons fixée par votre médecin. Assis, vous pouvez tirer la pointe des pieds vers vous puis la pousser, plusieurs fois de suite. Un appui sous les pieds améliore aussi le confort assis, comme l’explique notre article sur les repose-pieds pour jambes lourdes, sans remplacer une compression prescrite.
Comment les enfiler et vérifier qu'ils sont bien ajustés ?
Préparer la peau et les mains
L’enfilage se fait sur une peau propre et bien sèche. Une peau encore humide après la douche, ou couverte de crème, accroche le tissu et rend la pose pénible. C’est pour cette raison que la crème hydratante se met plutôt le soir, après le retrait. Retirez vos bagues, qui risquent de filer le tissu, et vérifiez vos ongles. Des gants en caoutchouc donnent une meilleure prise et permettent de répartir le tissu sans tirer dessus.
Le geste, étape par étape
Le VIDAL décrit une méthode en plusieurs temps. Retournez le bas jusqu’au talon, de façon à garder seulement la partie pied à l’endroit. Glissez le pied jusqu’au bout, puis placez bien le talon. Déroulez ensuite le tissu progressivement le long de la jambe, par petites prises, sans tirer brutalement sur le haut. Une chaussette doit s’arrêter sous le genou, sans remonter dans le pli.
Vérifier l'ajustement
Une fois le bas en place, passez les mains le long de la jambe. Le tissu doit être réparti de manière homogène, sans plis ni bourrelets. Un pli forme une bande plus serrée qui comprime la peau à un endroit précis, et le bord ne doit jamais être roulé sur lui-même. Si une zone marque fortement ou si la paire glisse, montrez-la à votre pharmacien. Il peut reprendre vos mesures, en particulier si votre poids ou le volume de vos jambes a changé.
Si l'enfilage reste difficile
Les classes 2 et 3 demandent un peu de force, et cette difficulté n’a rien d’un échec. Le médecin, l’infirmier ou le pharmacien peut vous montrer le geste en conditions réelles, et des dispositifs d’aide à l’enfilage existent pour les mains fatiguées, l’arthrose ou un dos qui plie mal. Faire appel à un proche est aussi une solution. En revanche, ne choisissez pas seul une classe plus faible pour simplifier la pose : la pression prescrite correspond à votre indication.
Gêne mécanique ou douleur inhabituelle
Une sensation de serrage les premiers jours, ou une difficulté à enfiler, relève de l’ajustement et se règle avec le pharmacien. Une douleur nouvelle, des orteils qui changent de couleur, des fourmillements ou une marque qui persiste longtemps après le retrait sont différents : retirez le bas et demandez un avis. Ce type de symptôme ne se règle pas en serrant les dents jusqu’au soir.
Les gestes pour enfiler les bas
La chaîne Équilibre montre les gestes à suivre pour enfiler correctement des bas de compression et répartir le tissu sans plis. Cette démonstration aide à vérifier leur bon ajustement avant de les porter.
Quelles précautions prendre en cas de diabète ou de maladie des artères ?
Veines, artères, nerfs : trois questions différentes
Le bas aide le sang des veines à remonter. Le sang qui arrive aux pieds, lui, circule dans les artères. Une compression utile pour les veines peut devenir mal tolérée si les artères irriguent déjà mal la jambe, puisqu’elle ajoute une pression sur des tissus moins bien oxygénés. Le diabète peut toucher les artères, les petits vaisseaux et les nerfs. Il ne constitue pas, à lui seul, une contre-indication : il justifie une vérification avant de s’équiper.
Ce que vérifie le soignant
La HAS, dans sa fiche de 2010, cite l’artériopathie des membres inférieurs avec un index de pression systolique inférieur à 0,6 comme contre-indication absolue, et un index entre 0,6 et 0,9 comme situation où le bénéfice et le risque doivent être réévalués. Cet index, ou IPS, compare la tension mesurée à la cheville à celle du bras : c’est un examen clinique, sans rapport avec la pression du bas. La même fiche cite la microangiopathie diabétique évoluée, c’est-à-dire une atteinte avancée des petits vaisseaux liée au diabète, comme contre-indication aux compressions supérieures à 30 mmHg. Ces seuils servent au médecin pour décider ; ils ne permettent pas de s’autoprescrire une paire.
Quand la sensibilité diminue
La neuropathie diabétique peut réduire la perception de la douleur dans les pieds et les jambes. Un bas qui serre trop ou un pli qui frotte peut alors passer inaperçu pendant des heures. La HAS recommande dans ce cas une réévaluation régulière. Pour mieux comprendre cette perte de sensibilité, notre article sur la neuropathie diabétique détaille ses manifestations.
Surveiller la peau chaque soir
Le retrait du soir est le bon moment pour regarder vos jambes et vos pieds, avec un miroir si besoin. Cherchez une rougeur, une marque qui ne s’efface pas, une ampoule ou une petite plaie. Ce contrôle rejoint celui qu’on recommande pour le suivi du pied diabétique. Une plaie déjà présente sur la jambe se signale avant toute pose.
Une plaie demande une prise en charge spécifique
Si une plaie ne cicatrise pas, ne la recouvrez pas simplement avec votre bas habituel. Une plaie de jambe qui traîne demande un avis, et parfois une compression adaptée posée par un soignant, comme dans l’ulcère veineux et sa prise en charge.
Avant de commencer une compression, vous pouvez demander :
À apporter : votre ordonnance, la paire que vous portez actuellement et une description précise de vos symptômes.
- Mon état artériel et ma sensibilité permettent-ils cette compression ?
- Quel horaire de port suivre, et pendant combien de temps au total ?
- Que dois-je faire si le bas devient douloureux ?
- Qui reprend mes mesures si mes jambes changent ?
Quels signes doivent alerter et quand consulter ?
Un problème d'ajustement à faire contrôler
Un bas qui glisse, qui forme des plis ou qui laisse des marques gênantes relève d’abord de la taille ou de la pose. Votre pharmacien peut reprendre les mesures et revoir le geste. Ces gênes ne sont pas une urgence, mais elles ne se règlent pas en changeant seul de modèle ou de classe.
Un mollet qui change d'un seul côté
Une douleur, une chaleur ou un gonflement d’un seul mollet, apparus récemment, peuvent évoquer une phlébite, c’est-à-dire un caillot dans une veine. Ces signes sont inconstants, et une phlébite peut même ne donner aucun symptôme. Le diagnostic repose sur un examen médical et une échographie Doppler. Face à ces signes, demandez un avis médical rapidement, sans masser le mollet ni essayer une paire plus serrée.
Ce qui doit faire réagir
Il n'est pas nécessaire que plusieurs signes soient réunis pour agir.
- Un seul mollet douloureux, chaud ou gonflé, de façon nouvelle : avis médical rapide, le jour même
- Essoufflement soudain ou douleur dans la poitrine : appelez le 15 ou le 112 sans attendre
- À bord d'un avion : prévenez immédiatement l'équipage
- Difficulté à entendre ou à parler : le 114 permet de joindre les secours par écrit
Une urgence respiratoire
Un essoufflement brutal ou une douleur thoracique, surtout après un long voyage ou avec une jambe suspecte, peut traduire une embolie pulmonaire : un caillot parti vers les poumons. Les symptômes sont parfois peu marqués. Appelez le 15 ou le 112 immédiatement, sans attendre qu’une douleur devienne forte. En vol, alertez l’équipage tout de suite.
Conclusion
Bien utiliser des bas de contention repose sur trois décisions. La première : une pression et une taille adaptées, fixées par l’ordonnance et les mesures du pharmacien. La deuxième : un rythme qui suit votre indication, du lever au coucher dans l’usage habituel, autrement seulement sur prescription. La troisième : savoir distinguer un souci d’ajustement d’un signe qui impose un avis rapide ou un appel au 15. Avec un diabète, gardez vos questions et votre paire sous la main lors du prochain rendez-vous.
Sources
- VIDAL, Comment soigner l'insuffisance veineuse ?, vidal.fr
- VIDAL, Les bas de contention contre la thrombose veineuse, vidal.fr
- VIDAL, Les problèmes de santé des voyages en avion, vidal.fr
- Haute Autorité de Santé, Compression médicale en prévention de la thrombose veineuse (2010), has-sante.fr
- Assurance Maladie, Préserver le capital veineux de ses jambes, ameli.fr
Les informations de cet article sont données à titre général : elles ne se substituent pas à l’avis de votre médecin ou de votre équipe soignante.
Crédits images
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Bas de contention : questions fréquentes
Peut-on faire une sieste avec des bas de contention ?
Aucune règle uniforme ne s’applique à une courte sieste. Ce qui compte est le rythme indiqué par votre prescription. Un repos ponctuel en journée n’a rien à voir avec un port continu de nuit, qui ne se pratique que sur consigne médicale.
Faut-il les enlever pendant un vol de nuit ?
Un vol de nuit reste une période d’immobilité, même si vous dormez assis. Suivez le plan convenu pour le trajet avec votre médecin, plutôt que l’heure affichée. Somnoler sur un siège n’équivaut pas à une nuit allongée chez vous.
Peut-on porter des chaussettes plutôt que des bas qui montent à la cuisse ?
La forme dépend de la zone à couvrir et de l’indication. Si l’ordonnance précise des bas, ne passez pas seul aux chaussettes : demandez à votre médecin si ce changement convient à votre situation.
Que faire si les bas sont difficiles à enfiler ?
Demandez une démonstration à votre pharmacien, à votre infirmier ou à votre médecin. Des aides à l’enfilage existent, et un proche peut vous aider. Évitez de choisir vous-même une classe plus faible.
Comment laver ses bas sans les abîmer ?
Suivez d’abord la notice de votre paire. Le VIDAL conseille un lavage soigneux, sans torsion, et un séchage à plat à l’écart du radiateur, pour préserver l’élasticité du tissu.
Faut-il une ordonnance pour leur remboursement ?
La prise en charge passe par une prescription médicale qui précise la classe et le modèle. Votre pharmacien peut vous indiquer les conditions applicables à votre paire.



